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Visiter Marseille

Prado : tout ce qu’il faut voir et savoir !

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Le Prado débute à Castellane et se termine au bord de l’eau, aux plages du Prado. Coup de projecteur sur ce quartier incontournable de Marseille.

En bref

Constitué en deux parties perpendiculaires, cette immense avenue est bordée d’immeubles chics, de bureaux et de banques. Le Boulevard Michelet, dans la continuité de la première partie du Prado rejoint Mazargues, un autre quartier huppé et résidentiel de la ville.

A voir, à faire dans le quartier du Prado

Parc Borély

Le parc Borely est une institution à Marseille ; tous les dimanche, les familles viennent s’y promener, louer une barque ou un vélo à 6 places. Le reste de la semaine, les joggers viennent y courir le matin ou le soir et les amoureux viennent se promener au bord du lac et dans la Roseraie.

Parc Borély
Parc Borély – Prado

Le parc

Canards, oies, paons, poules, coqs et cygnes blancs se baladent dans les 17 hectares du parc. Un grand lac au centre du parc permet de faire des balades en barque. Les jardins du parc sont toujours très bien entretenus. Récemment, une piste pour les rollers a été ajoutée ; elle longe l’hippodrome et le golf Borely.

Le chateau

Actuellement en restauration, un château vous fait face en entrant dans le parc ; celui-ci date du XVIIIème siècle. Il était la propriété d’une riche famille de négociants marseillais.

La roseraie

Pendant les mois de mai et juin, la roseraie est en fleur. Plus de 1500 espèces de roses sont présentées et leur entretien est impeccable. Un moment à ne pas rater !

Jardin botanique

Malgré ses horaires assez contraignants, le jardin botanique vaut la visite pour son tout nouveau jardin chinois (inauguré en 2004 dans le cadre de l’année de la Chine en France). Construit par des ouvriers chinois, le jardin reproduit entres autres un temple et un jardin zen très réussis. Bien entendu, vous pourrez aussi admirer également les espèces botaniques conservées dans le jardin.

Le Corbusier (Cité radieuse)

Imaginée par l’architecte Le Corbusier, la Cité Radieuse est inaugurée le 14 octobre 1952 après cinq ans de travaux, par Eugène Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme. Elle présente en son temps une foule d’innovations qui déchaînent alors les passions.

Peintre, sculpteur et architecte, Le Corbusier pensait que le comportement des individus était intrinsèquement lié à l’architecture dans laquelle ils vivaient.

En 1934, dans la charte d’Athènes, il avait déjà présenté sa « ville radieuse » divisée en unités d’habitations séparées où se reconstituerait la vie sociale grâce à des services communs.

C’est en 1945, alors que Marseille, à la suite des bombardements, manque de 34.000 logements, qu’il est sollicité par l’Etat. Le Corbusier, de son vrai nom Charles Edouard Jeanneret (1887-1965), décide alors d’appliquer ses idées d’une architecture moderne.

La Cité Radieuse est inaugurée le 14 octobre 1952 après cinq ans de travaux, par Eugène Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme.

Le Corbusier (Cité radieuse)
Le Corbusier (Cité radieuse) – Prado

Elle présente une foule d’innovations qui déchaînent alors les passions. Inspiré des paquebots transatlantiques chers à l’architecte, l’immeuble se veut être un village vertical avec ses neuf étages et ses 56 mètres de haut et inclue des commerces, un hôtel, et des équipements collectifs tels qu’une école maternelle, un gymnase et surtout un lieu de convivialité sur la terrasse créée à cet effet sur le toit. Les 337 appartements en duplex sont divisés par de longs couloirs baptisés « rues » par l’architecte.

D’un confort exceptionnel pour l’époque, ils bénéficient d’une isolation phonique innovante, de loggias avec de lumineuses baies vitrées et d’équipements intégrés tels que la cuisine équipée, de grands placards et même d’originales bibliothèques… Prévu pour abriter des logements sociaux, l’immeuble sera finalement vendu par l’Etat en copropriété dès 1951 et attirera toujours une population aisée.

En plus de 50 ans, le bâtiment a plutôt bien résisté au temps. Les équipements collectifs et l’hôtel, avec 80% de remplissage pour 21 chambres, continuent à bien fonctionner. Mais les commerces ont presque tous fermé, concurrencés par les hypermarchés. Et aujourd’hui encore, la Cité Radieuse de Le Corbusier, connue à Marseille comme la « cité du fada », continue de susciter les passions, preuve que le temps n’a pas altéré le chef d’oeuvre de l’architecte visionnaire.

Il faut aussi noter que ce symbole de l’architecture moderne de l’après-guerre, classé pour partie à l’inventaire des monuments historiques, est l’un des bâtiments les plus visités de la ville.

Jardin de la Magalone

Peu connu car un peu caché, le jardin de la Magalone est un havre de paix à deux pas de la cité radieuse de Le Corbusier. Dans ce petit jardin, une bastide du XVIIIème siècle, des fontaines, des statues et mêmes des poules.

Jardin de la Magalone
Jardin de la Magalone – Prado

La bastide

La Magalone doit son nom aux frères Magalon, de riches négociants qui se sont enrichis dans le commerce d’armes.

Ils firent construire cette bastide au début du 18e siècle. Son architecture s’inspire des « villas italiennes » : rehaussé par un perron, le corps central, surmonté d’un fronton, est flanqué de deux ailes en avancée plus basses d’un étage, couronnées de balustres et de pots à feu.

Les jardins

Au pied de la terrasse soulignée d’une balustrade de pierre, deux bassins rectangulaires s’ornementent d’exceptionnelles fontaines appelées « fontaines des fleuves », qui supportent des vieillards s’appuyant sur des dauphins. Dans ces bassins qui par le passé irriguaient les parterres, se prélassaient carpes et truites, insouciantes du sort moins enviable qui les verrait finir à la table du maître de maison.

Comme dans tout jardin classique, la statuaire est remarquable : les superbes vases, imposants par leur taille, proviennent du château de Grignan dont ils ornaient la terrasse ; les angles de la pelouse sont marqués par des statues représentant les saisons, thème favori des parterres.

A demi cachée par la verdure, la chapelle, coiffée d’une coupole surmontée d’un lanternon, est une délicieuse construction que sa forme circulaire apparente à un kiosque ou à un temple de jardin. Modifiée au cours du 19e siècle, La Magalone – propriété de la ville depuis 1987 accueille à présent l’école de musique et prête son parc à des concerts d’été.

Marché du Prado

Du lundi au samedi, l’animation de la place Castellane se voit prolongée sur une grande partie de l’avenue du Prado.

Le plus grand marché de Marseille s’y déroule tous les matins jusqu’à 13 heures. Vous y trouverez des produits frais (fruits, légumes, poissons…), de l’habillement et tous les vendredi un marché aux fleurs.

Mairie de Bagatelle

Cette belle demeure au parc magnifique avec de grands arbres centenaires, est aujourd’hui la mairie des 6ème et 8ème arrondissements.

Tout au long de l’année, on peut y voir des expositions et l’été, on peut assister à des concerts dans le parc.

Mais pour en comprendre toute l’histoire, il nous faut remonter dans le temps…

Le domaine de Bagatelle appartenait à la famille Brignol au 18ème siècle, puis au négociant en coton Edward Naegly, protestant d’origine suisse, au 19ème siècle mais il ne ressemblait pas à celui qu’on peut admirer aujourd’hui.

La villa Bagatelle comme on peut la voir actuellement a été construite en 1903 par Henri Neagly, fils d’Edward Neagly.

Le domaine a appartenu ensuite au tout début des années 1920 au Comte Antoine d’Estournel qui l’a vendu en 1925 au tuilier et céramiste Pierre Virabian.

En 1938, le château est loué au consul général d’Allemagne. Et en 1939, il est réquisitionné par la Marine Nationale pour y loger l’amiral Muselier. Enfin, en 1943, il est occupé par l’armée allemande.

Acquis par l’Etat en 1972 pour le compte de la Marine Nationale, Bagatelle devient mairie de secteur en 1982.

Parc Chanot

Ce parc porte le nom de l’avocat Amable Jean-Baptiste Chanot qui fut élu trois fois maire de Marseille, du 3 août 1902 au 15 mai 1904 puis du 16 mai 1904 au 17 mai 1908 et à nouveau du 19 mai 1912 au 15 mai 1914.

Les bâtiments du Parc Chanot sont depuis le début du 20ème siècle et jusqu’à aujourd’hui réservés aux expositions et foires.

Mais avant cette reconversion, c’était un terrain vague non urbanisé et qui était utilisé par l’armée comme champ de manœuvres.

Pour la petite histoire, dès les premières années du 20ème siècle, Marseille bénéficie de plusieurs manifestations qui témoignent de l’importance et de la vitalité de la ville :

  • Avec notamment d’avril à novembre 1906, sur les vingt-cinq hectares jouxtant le rond-point du Prado, l’Exposition Coloniale qui symbolise le rôle de « Porte de l’Orient » tenu par la cité et qui voit s’élever pour l’occasion vingt palais aux pavillons des différentes colonies françaises, ce sera la naissance du Parc Chanot en tant que parc d’expositions.
  • Puis d’avril à novembre 1908, sur les mêmes lieux, c’est la Grande Exposition Internationale d’Électricité, que le public marseillais accueille avec enthousiasme.
  • Et en avril 1913, le Salon International de l’Automobile se tient dans le Grand Palais du Parc des Expositions, faisant pour un temps de Marseille la capitale mondiale de l’automobile.
  • Enfin du 16 avril au 19 novembre 1922, à nouveau l’exposition coloniale qui a accueilli 3 millions de visiteurs et dont la grille à l’entrée en est le vestige ainsi que le Palais des Arts qui est un bâtiment construit à cette occasion.

N’ayant pas perdu sa vocation, aujourd’hui, le palais des arts propose 4 salles pour des expositions culturelles ou des réunions et dîners et le Parc Chanot, devenu Parc des Expositions et des Congrès de Marseille, est le lieu où se déroulent tous les grands évènements : il accueille chaque année près de 250 manifestations et plus d’un million de visiteurs. D’une superficie de 17 hectares, il propose moyennant finances bien sûr, aux organisateurs de manifestations 6 halls totalisant 40 000 m² d’exposition, avec 2000 places de parking plus le Palais des Congrès de Marseille. A noter bien sûr que la Safim (qui est la société gestionnaire du Parc Chanot) y organise chaque année la Foire Internationale.

Enfin, les jardins sont ouverts au public et constituent un havre de paix à l’écart du tumulte de la ville. Cet espace vert qui s’organise autour d’une pyramide vitrée de 4 mètres qui est en fait le puits de lumière de la station de métro située en dessous, est entièrement dédié aux enfants avec deux aires de jeux pour enfants, un manège, un circuit de voitures électriques, un point de location de cycles et un théâtre de marionnettes. Au bord du bassin, une buvette-restaurant permet d’effectuer une petite halte apaisante au milieu de la ville. Remodelé en 1995, ce jardin a été doté d’une piste d’éducation routière bordée de 9 grands pins parasols et de plus de 1000 arbustes (lauriers-roses, lauriers-sauce, spirées, seringas, viburnum, escallonias…).

Stade Vélodrome

Véritable « temple des supporters », il accueille environ 1 300 000 personnes par an … presque autant que Notre-Dame de la Garde ( 1 500 000 pelerins ) !

Stade Vélodrome
Stade Vélodrome

Le stade actuel est bati sur les vestiges du stade de 1937 dont il ne reste que la colonnade qui est classée monument historique. Ce premier stade est un stade omnisport qui accueille toutes sortes de manifestations mais surtout des competitions cyclistes. La piste cyclable était encore présente jusqu’en 1996 date à laquelle des travaux d’agrandissement furent entrepris pour accueillir la coupe du monde de 1998. Ainsi, de 45 000 places, on passa à 60 000 places !

Les travaux gigantesques furent confiés à un architecte florentin Jean Pierre Buffi et ils furent réalisés en 20 mois : découpe des anciennes tribunes sur place et évacuation à l’aide de grues. Des mesures de vibration furent nécessaires car des installations fragiles sont à proximité : la tour France 3, la station de métro, et le grand Pavois, un des immeubles les plus hauts de Marseille.

Les architectes ont supprimé la piste cyclable, surélevé les tribunes, creusé une sorte de « fosse aux lions » tout autour de la pelouse pour empêcher le public d’envahir le terrain : problème récurrent à Marseille dans les années 70 !

Les virages ont une capacité de 14 000 places chacun et le virage Nord (ou virage Depé !) est l’endroit où l’on installe les scènes lorsqu’il y a un concert. La tribune Ganay : 20 000 places avec les 3 premiers rangs réservés aux handicapés et à leurs accompagnants … il y a aussi un tout petit triangle réservé aux supporters des équipes adverses !! Petit triangle protégé par une grille doublée en hauteur et en largeur pour éviter les rencontres hasardeuses lors des matchs à haut risque. La tribune Jean Bouin n’a que 12 000 places : on y trouve les « loges fermées » crées à l’initiative de Bernard Tapie dans les années 80.

En projet : la couverture et l’agrandissement du stade à 80 500 places ! Le 500 étant capital puisqu’il nous permettrait d’être plus grands que le Stade de France !

Parc du 26ème centenaire

Les travaux ont commencé à l’automne 1999 mais le parc a été inauguré le 23 juin 2001 pour célébrer les 2600 ans d’histoire de la ville. Ce parc de 10 hectares a été construit en lieu et place de l’ancienne gare du Prado. Il est composé entre autres de 26 séquoias (qui grandiront avec le parc), d’un lac et de quatre jardins thématiques : provençal, asiatique, oriental et africain.

Parc du 26ème centenaire
Parc du 26ème centenaire – Prado

Pour commencer par quelques chiffres : ce nouveau parc urbain de 10 hectares est situé en plein coeur de Marseille, il fait 600 mètres de longueur, 160 mètres de largeur, et présente 1500 arbres, 6500 arbustes et 560 000 graines de plantes et fleurs variées…

La balade autour du lac est agréable et vous remarquerez quelques vestiges volontaires de l’ancienne gare ; une table d’orientation en marbre offre une belle vue sur une partie de Marseille et Notre Dame de la Garde.

A l’entrée du parc, un grand arbre en métal symbolise l’espérance : et cela offre un spectacle aussi bien inattendu que curieux : on peut voir à toute heure de la journée, des dizaines de personnes, tête baissée, regardant le sol… Tout simplement car c’est là, en effet que sont gravés les noms de milliers de marseillais.

Basilique du Sacré Cœur du Prado

Cette église est commencée dans les années 1920, suivant les plans de l’architecte Dupoux. Elle reçoit dès le départ, une triple mission : d’une, commémorer la peste de 1720 dont on fêtait le bicentenaire, de deux, servir de mémorial de la Première Guerre Mondiale et enfin de trois, doter Marseille d’un sanctuaire rappelant l’importance de la consécration du Sacré-Coeur.

Basilique du Sacré Cœur du Prado
Basilique du Sacré Cœur du Prado

Mais son achèvement est long. Consacrée en 1947 alors que le programme architectural initialement prévu n’est pas tout à fait achevé, le résultat donne un esprit plus moderniste que l’inspiration romano-byzantine normalement prévue.

Et, surtout, pour le côté historique local, le Sacré-cœur à Marseille évoque un personnage important : Mgr de Belsunce, cet homme d’église qui a dédié son diocèse au Sacré-Coeur au cours d’une cérémonie expiatoire contre la grande peste en 1720. Phénomène curieux ou simple hasard ? La peste a diminué les semaines suivantes.

Le sacré-cœur en a retiré toute la reconnaissance des marseillais et a permis à Mgr de Belsunce d’obtenir des échevins la promesse d’assister chaque année à la messe du Sacré-Coeur et d’offrir en souvenir un cierge du poids de quatre livres au cours de la cérémonie. Cette cérémonie n’a jamais été oublié des marseillais et le cierge, désormais offert par le président de la Chambre de commerce, est remis aux autorités religieuses chaque année dans l’église du Sacré-Coeur du Prado.

L’arbre de l’Espérance

Situé devant le parc du 26ème centenaire, l’arbre de l’espérance a été inauguré le 14 décembre 2000. Il symbolise la tolérance et la fraternité.

Derrière cet arbre, sur des dalles de marbre, les noms de 500 000 marseillais ont été inscrits. Pour voir son nom sur ce parvis, il fallait simplement envoyer une carte postale disponible gratuitement dans de nombreux lieux à Marseille.

L'arbre de l'Espérance
L’arbre de l’Espérance – Prado

Sur cette carte, on pouvait y trouver le texte suivant :

A MARSEILLE,
MA VILLE, FONDÉE SOUS LE SIGNE
DE L’OUVERTURE, DE L’ÉCHANGE,
ET DU RESPECT DE L’AUTRE,
AUJOURD’HUI,
JE DONNE MA SIGNATURE,
J’AJOUTE UNE FEUILLE
À « L’ARBRE DE L’ESPÉRANCE » QUI INCARNE
CES VALEURS D’HUMANITÉ ET DE FRATERNITÉ.
C’EST LE MESSAGE D’ESPOIR
QUE J’ENVOIE AU MONDE
POUR LE TROISIÈME MILLÉNAIRE.

Avenue et Rond-point du Prado

L’ artère a été crée en 1839 en l’ honneur de la visite du Duc d’ Orléans.

C’ était aussi un moyen d’ assainir des terrains très marécageux.

Anciennement dénommée Boulevard du Sud, c’ est Anthelme Bernex (spéculateur immobilier et maire de Marseille), qui lui donna son nom en 1844, en comparaison avec le Prado à Madrid.

On pouvait y voir de 1854 à 1875 une fontaine avec un jet d’ eau de 36 mètres de haut.

L’arrivée des tramways et la mise en place des rails ont conduit à sa démolition.

Mazargues

Au bout de l’avenue Michelet, en ligne droite de l’imposante fontaine de Castellane, se dresse magestueusement l’Obélisque de Mazargues érigé en 1811 par l’architecte Robert Michel Penchaud. C’est le symbole de cet agréable et typique quartier qui mérite d’être visité.

Tout d’abord, pour la petite histoire, c’est à Mazargues, que notre illustre Maire, Jean-Claude GAUDIN est né, le 8 Octobre 1939. Mais, il semblerait que ce ne soit pas l’essentiel du charme de ce quartier.

Car comme le décrivait déjà fort joliment Madame de Grignan en 1703, dans une lettre enjouée à son amie Madame de Coulanges : On n’y voit que des personnes qui meurent à cent ans; on ne connaît point les maladies; le bon air et les bonnes eaux y font régner non seulement la santé, mais la beauté. Dans le canton vous ne voyez que de jolis visages, que des hommes bien faits, et les vieux comme les jeunes ont les plus belles dents du monde. S’il y a un peuple qui arrive à l’idée du peuple heureux représenté dans « Télémaque », c’est celui de Mazargues.

Alors, après avoir lu une telle description, comment résister à l’envie de découvrir les lieux ? Tout d’abord, c’est un joli quartier résidentiel, à deux pas du massif de Marseilleveyre et des calanques, assez excentré du centre ville pour ne pas y subir les désagréments de la circulation et de la surpopulation mais néanmoins très accessible grâce au réseau des transports publics. C’est aussi un de ces nombreux villages qui a su conserver ses vieilles maisons enchevêtrées les unes dans les autres, ses minuscules et tortueuses rues et ses nombreux petits commerces.

Et au bout de l’avenue de Mazargues, si vous entrez dans l’église, vous pourrez contempler l’orgue magnifique construit en 1850 par le facteur d’orgues Daublaine et Callinet et agrandi en 1920 par Soubeyran. Mais surtout, si vous avez le temps de flâner quelques minutes dans les ruelles de ce quartier aujourd’hui si propret et si chic, des « petits vieux » qui continuent à prendre le frais devant leur porte, vous raconteront la vie du village populaire et entouré de fermes d’autrefois… un vie dure et douce à la fois…

Enfin, l’été, pour trouver un peu de fraicheur, tout près de ce quartier très pittoresque, vous pourrez flâner dans les allées des parcs Bortoli ou Borelly et même prendre un bain de mer, les plages étant très proches. Alors, n’hésitez pas à faire une jolie ballade… Et peut-être même à y habiter… Si les prix de l’immobilier vous le permettent encore !

Clinique Juge

C’est un petit château, ou plutôt comme on dit chez nous, une belle bastide bien assise entre la rue Paradis et le Prado. Mais c’est aussi une clinique. Et comme je suis curieuse, j’ai voulu savoir son histoire. J’ai trouvé un bref historique : je vous le livre. C’est une fois de plus, l’histoire d’une passion qui conduit à la grande aventure !

Donc, c’est avant tout l’histoire d’un homme, d’un médecin passionné par son métier et qui a la conscience de devoir faire plus : le Docteur juge !

C’est un chirurgien réputé, mais également un inventeur, un voyageur et un entrepreneur… C’est pour tout cela que le Docteur Camille JUGE décide en 1900 de créer au Cours Lieutaud, une petite Clinique de 4 lits. En 1909, il déplace sa Clinique au 463 Rue Paradis affin d’augmenter la capacité d’accueil qui passe alors à 12 lits.

Il la dirige lui-même avec l’aide, pour l’administration et les soins, des « Soeurs de la Sagesse » dévouées et professionnelles comme savent l’être les religieuses de l’époque, elles sont pour le médecin et les patients une aide précieuse et contribuent pleinement à la réputation de l’Etablissement. En 1930, commence la construction des premiers bâtiments qui forment une partie de la Clinique actuelle. Les moyens médicaux se « modernisent ».

Le Docteur Juge meurt en 1949. Mais son oeuvre s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui : aux constructions des années 30, s’ajoutent deux nouveaux bâtiments en 1964 et 1976. Entre 1992 et 1994 elle est entièrement restructurée et rénovée et la vocation première de la belle bastide est conservée. Voilà, ce n’est donc pas un lieu touristique, mais de par la personnalité de son créateur et de par l’esthétique de son architecture, je crois qu’il fait partie de notre patrimoine et de notre histoire.

La cathédrale arménienne

La cathédrale arménienne grégorienne Serpotz-Tark-mantchatz (Saints-Traducteurs) est construite de 1928 à 1931 sur le modèle de la cathédrale d’Etchmiadzine, siège du catholicosat en Arménie.

Sur le clocher-porche de la cathédrale, on peut voir des bas reliefs qui représentent les grands monuments d’Arménie.

A l’intérieur, on peut admirer la coupole de la croisée et le beau mobilier liturgique, dont le ciborium.

Hippodrome Borely

L’hippodrome Borély, ce champ de courses placé en bord de mer, est aujourd’hui le rendez-vous privilégié des amoureux du cheval à Marseille, mais c’est aussi un peu l’histoire des riches bourgeois marseillais du 19ème !

Car, pour la petite histoire, c’est le Cercle des Moutards devenu plus tard le Cercle des Phocéens qui obtient de la ville de Marseille un bail sur une partie du parc du chateau Borély : c’est ainsi qu’est créé le 4 novembre 1860 l’hippodrome Borély au même emplacement que l’hippodrome actuel.

Et au 19ème siècle, le cercle des Phocéens connaît un beau succès auprès de la bourgeoisie marseillaise : dans cette vie de cercle, on se rencontre pour discuter, boire un verre, jouer aux cartes et aux échecs, ou encore patronner des courses hippiques.

De cette aventure, il nous reste le nouvel hippodrome Borely qui, depuis le 11 septembre 1999, après 3 ans de travaux, offre à Marseille un champ de course incontestablement moderne techniquement mais aussi d’une esthétique remarquable avec pour entrée, sa magnifique tonnelle en fer forgé.

Saint Giniez

Ce quartier qui se situe dans le 8ème arrondissement de Marseille, fait partie des quartiers les plus recherchés de la ville. Tout proche aussi bien du métro (Rond Point du Prado), que des plages, du Parc Borely, de l’Ecole Nationale de danse, et du centre ville, il est en effet idéalement placé ! Et il est important de noter la proximité du VEL !

Saint Giniez
Saint Giniez – Prado

Tout d’abord, pour l’anecdote, il paraît que le Saint patron qui a donné son nom à la paroisse, est en fait, Saint Genès de Rome (soit Genesius puis donc Saint Giniez), qu’on a honoré fort longtemps et qui exerça la profession de comédien, tandis que l’église avait pour titulaire Saint Genès d’Arles, ce qui n’aurait rien à voir !

Bref, ceci dit, quelques précisions sur ce quartier qui se compose de deux villages : le Grand Saint Giniez et le Petit Saint Giniez.

Tout d’abord : le Grand Saint Giniez, caché derrière les beaux arbres de la seconde partie de l’avenue du Prado, de part et d’autre de celle-ci, représente une petite agglomération qui constitue le village proprement dit avec de nombreux commerces, un grand hôtel, et des axes principaux qui désservent le centre ville.

Dans ce quartier, on peut également admirer d’une part, le Grand Pavois qui est en quelque sorte, un « gratte-ciel » résidentiel haut de 100 mètres et qui constitue ainsi le plus grand bâtiment de Marseille, mais aussi les sompteux hôtels particuliers à l’architecture et aux jardins phénoménaux pour ce qu’on arrive à en apercevoir derrière les grilles. Au niveau archéologique, il semblerait que la position du Grand Saint Giniez ait eu une importance historique sérieuse. Ainsi, de sources sûres, les archéologues ont trouvé des poteries celtiques ou gauloises, qui se mêlent à de belles poteries romaines et gallo romaines. Et pour exemple, parmi les débris, des monnaies du 1er et du IIe siècle ont été trouvées.

On raconte même que les terrains compris entre le Rouet et la mer, pourraient s’être autrefois trouvés au bord de la mer, ou tout au moins au bord de marais la rejoignant, et pourraient révéler la présence de vestiges d’habitations de tribus lacustres réparties tout le long de l’Huveaune. Ces tribus, pour la petite histoire, se seraient alliées aux Phéniciens pour concourir avec eux à l’établissement du grand comptoir devenu plus tard Massalia. Mais, c’est ce que certains historiens écrivent sur le quartier, et pour les férus d’histoire antique, ceci reste à vérifier dans les archives.

Ensuite, la seconde partie du village de Saint Giniez dont nous n’avons encore rien dit, et qui est dénommée le petit Saint Giniez, est située dans la partie proche de la rivière de l’Huveaune. C’est un petit hameau, plus simple et formé de maisons de ville, de petits commerces de quartier et de quelques immeubles modernes.

Guère plus éloigné et tout autant prisé, il est essentiellement un quartier résidentiel dont le calme est particulièrement apprécié des riverains…

La statue de David

C’est une réplique de « David portant la fronde contre Goliath » de Michel-ange, qui a été sculptée par le marbrier Jules Cantini qui l’a offert à la ville en 1903.

Cette statue a attendu presque 50 ans avant de sortir des réserves du palais des Beaux-Arts de la place Carli puisque ce n’est qu’en 1951 qu’elle fut placée entre la Corniche et le prado.

Aujourd’hui, elle domine le carrefour de l’avenue du Prado et tous les Marseillais la connaissent bien.

Le Parc Henri Fabre

Situé au bout du boulevard de Gabès, derrière l’école de danse, le parc Henri Fabre est un espace constitué de grandes étendues de pelouse et de bosquets naturels.

Ce lieu fréquenté par les familles et les boulistes constitue également un terrain de jeu naturel pour les amateurs de foot du quartier.

L’aménagement d’un cheminement piétonnier le long des berges de l’Huveaune, entre le boulevard Michelet et l’entrée du parc Borély, conforte la vocation du parc Henri Fabre en tant que lieu dédié à la promenade.

C’est un jardin très agréable dans lequel je vous invite bien entendu à flâner, méditer et vous détendre…

Mais ceci dit, qui connaît l’origine de son nom ?

Qui était Henri Fabre ?

Le 28 mars 1910, un bien curieux appareil, de huit mètres de long, de quatorze mètres d’envergure et qui pèse 380 kilos, effectue pourtant un joli bond de 800 mètres sur les eaux de l’étang de Berre, au large de la Mède, avant de se reposer sur l’eau sans encombre… C’est là qu’Henri Fabre entre dans l’histoire…

Voyons ce qui suit, pour en savoir un peu plus… C’est un jeune ingénieur, né en 1883, appartenant à une grande famille de négociants marseillais, formé chez les Jésuites, puis à la faculté des sciences de Marseille, passionné par les moteurs et les hélices… Avec l’aide du mécanicien Marius Burdin et de l’architecte naval Léon Sébille, Henri Fabre met au point son prototype courant 1909, avant d’effectuer ses premiers essais l’année suivante comme nous venons de le voir. Il commercialisera par la suite plusieurs de ces appareils.

Henri Fabre est mort en 1984 à l’âge de 102 ans laissant son nom à un parc à Marseille…

Mais on peut toujours voir deux exemplaires de son hydravion :

  • l’un, minutieusement restauré par une équipe de passionnés de l’aérospatiale, se trouve dans le hall de l’aéroport Marseille-Provence ;
  • l’autre se trouve au musée de l’Air du Bourget.

Enfin, deux autres monuments en trait d’union rappellent ce premier vol : un canard, les ailes déployées, au sommet d’une colonne sur le site même du premier vol, à la Mède, nous interpelle tout d’abord, et pour les fouineurs, un autre canard, lui fait face à Martigues, près de l’endroit où l’hydravion avait amerri.

Voilà, comme quoi, tout lieu a son histoire !!!

Parc Valbelle

Déjà, peu de marseillais connaissent l’existence de ce parc dont aucune publicité n’est assurée par la Ville bien qu’il lui appartienne ! C’est dire, le parc, il n’est même pas mentionné sur la pourtant très complete carte de la ville, le plan guide blay-foldex ! Alors, voilà, du coup, on croit qu’on est ici dans un petit parc anodin ? Mais pas du tout, on marche sur de bien curieuses traces de l’Histoire… Je m’en vais vous les conter !

Déjà, le château de Valbelle a été une belle demeure avec serres, écuries… Il est acheté par l’industriel Paul Rouvière, en 1925 à Theodore Emmanuel Rodocanachi.

Occupée par les Allemands en 1943, puis par les armées alliées, après la libération, la propriété est vendue à un promoteur qui la cède à la ville. Cette dernière ne s’en occupe guère et laisse à l’abandon et au pillage des bâtiments qu’elle n’occupe pas.

C’est en 1981 qu’elle en décide la démolition, tout en décidant de conserver dans le parc ce qu’on a appelé la « mosquée des galériens » à moitié en ruine mais néanmoins classée aux monuments historiques par arrêté du 15 juillet 1965.

C’est là que commence une bien étrange histoire de voyage des pierres : le réemploi était coutume et les pierres pouvaient avoir plusieurs aventures extraordinaires, leur durée de vie dépassant de loin celle de l’humain. Donc, ce serait Paul Rouvière qui aurait racheté ces pierres, pour édifier dans sa propriété une chapelle à la mémoire de ses enfants, noyés à Bandol. Ce monument serait constitué d’éléments d’architecture provenant de la villa « Les Allobroges », anciennement située au 427 de la rue Paradis, et détruite dans les années 1920 parce qu’on la disait hantée. Et on raconte aussi que déjà, une partie de ce bâtiment avait été construit à l’aide des pierres transportées, une par une, lors de la démolition du Café de la colline Bonaparte en 1890, guinguette qui elle-même, aurait été construite avec les matériaux de la mosquée de l’arsenal des galères, appelé aussi Mosquée des Galériens Turcs qui daterait du 18ème siècle, et se trouvait dans le cimetière des Mahométans, vers ce qui est la place Monthyon aujourd’hui, soit entre la rue Sainte et la rue de la Paix.

Voilà ce que l’on voir et faire au Prado !

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