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La Joliette, Arenc : tout ce qu’il faut voir et savoir !

A l’abandon depuis le déclin de l’industrie, le quartier de la Joliette est devenu un immense quartier d’affaires en pleine mutation depuis le lancement du projet Euroméditerrannée.

En bref

Les docks qui longent la mer ont été transformés en bureaux modernes et de nombreux marseillais viennent s’installer dans les appartements neufs ou rénovés de ce quartier.

Depuis 2013, le quartier a été transformé avec l’ouverture du Mucem, la Villa Méditerranée. En 2014, un centre commercial (Les Terrasses du Port) au bord de l’eau a été ouvert et des boutiques se sont installés sous les arcades rénovées de la Major (septembre 2014).

La cathédrale de la Major est enfin reliée à l’esplanade J4 (Mucem) grâce à un escalier géant (août 2014).

A voir, à faire

Nouvelle Major (Sainte-Marie-Majeure)

Cette cathédrale qui était l’ornement d’un port affairé au 19° siècle est aujourd’hui délaissée et mal aimée des marseillais … Elle est considérée comme une des plus grandes cathédrales et ses dimensions avoisinent celles de Saint-Pierre de Rome. De style romano-byzantin, elle est la traduction architecturale de la « Marseille : porte de l’Orient ».

Nouvelle Major
Nouvelle Major

Au 19°, Marseille connait une expansion remarquable. Dans ce contexte de renouveau économique, l’absence de patrimoine devient une des principales imperfections à corriger : rien dans l’architecture de la ville ne raconte ses origines glorieuses ! Les architectes du 19° auront pour tache de « fabriquer » son passé … on parle de courant historiciste ici.

On réclame une cathédrale dont l’échelle et le faste soient dignes de la seconde ville de France. Monseigneur de Mazenod lance son grand projet qui sera approuvé par Napoléon III. La première pierre est posée en 1852 et la cathédrale est consacrée en 1893.

L’architecte Léon Vaudoyer, qui avait déjà oeuvré à Notre-Dame-de-la Garde (remarquer la même polychromie des murs extérieurs), s’attache à raconter l’histoire de la ville dans chaque détail de l’édifice : les formes rappellent le développement de Marseille au contact de l’Orient. Les sculptures racontent l’arrivée de Lazarre, premier évêque de Marseille. Les mosaïques reprennent les motifs du baptistère que l’on a retrouvé en creusant les fondations … Il enrichit son projet de références historiques pour aboutir à une création très originale car à cette époque, on exige plutôt un retour au modèle gothique le plus authentique.

Henri Revoil, s’est consacré à la décoration de la cathédrale : on peut déplorer cependant que beaucoup de mosaïques manquent et sont remplacées par de simples peintures notamment dans le chœur. Il y a quelques pièces superbes : le ciborium avec des colonnes en onyx de Tunisie ; la crédence et la cathèdre offerts par Napoléon III …

Henry Espérandieu que l’on a tendance à voir comme l’architecte principal, n’a que très peu participé au chantier : il mènera à bien la pose des charpentes et la réalisation des coupoles. Il n’y travaillera que durant les 2 dernières années de sa vie de 1874 à 1876.

Quelque chiffres :

  • Longueur = 141 m
  • Largeur de la nef = 16 m
  • Hauteur de la nef = 25 m
  • Largeur du transept = 50 m
  • Hauteur du sol au sommet de la coupole centrale = 60 m

Les Docks

Les Docks sont une suite de cinq très grands bâtiments, collés les uns aux autres et qui servaient autrefois d’entrepôts pour conserver la marchandise déchargée par les bateaux. Ils ont été construits entre 1858 et 1863 d’après les plans de Gustave Desplaces suivant le modèle des docks anglais.

Leur conception est liée à une forte croissance des échanges commerciaux, au fort développement des liaisons par voie maritime et donc à l’extension du port vers le nord. Chacun de ces bâtiments comporte six étages, et pour l’anecdote, c’est dans ces entrepôts que les premiers ascenseurs hydrauliques de Marseille furent construits.

les docks marseille
les docks marseille

Mais tout d’abord, un petit historique : c’est en 1853 que la ville décide d’installer sur 10 hectares de terrain vendu par l’Etat, des docks concédés à une société privée. C’est le début de l’aventure et la fondation de la compagnie des Docks et Entrepôts en 1856. Elle est dirigée à l’époque par Paulin TALABOT. Ce dernier décide de construire ces batiments de pierres et de briques que nous connaissons tous, ainsi que des entrepôts à structure métallique destinés à la douane et au stockage des marchandises. Ils sont inspirés de ceux de Londres et de Liverpool, et à l’époque, ce furent les plus grands docks européens. Et on peut en être fiers ! Car c’est tout de même impressionnant cet ensemble de bâtiments de six étages qui représentent tout de même 80 000m2 de planchers et 365 mètres de longueur.

Aujourd’hui, ils ne servent plus d’entrepôts de marchandises mais ils ont été rénovés : c’est Eric Castaldi, l’architecte qui en a imaginé la réhabilitation. Et je crois qu’on peut dire que ces derniers ont été aménagés avec goût : pour le plaisir des yeux, il y a des bassins intérieurs, des planchers et passerelles en bois, des puits de lumière éclairant les allées et les bureaux par le haut… C’est à voir ! Sachant que ceux-ci abritent aujourd’hui des entreprises, des services publics, administratifs et culturels et des restaurants et qu’on y trouve aussi l’Etablissement public Euroméditerranée, les visites se font aux heures de bureau. Mais vous trouverez bien un motif pour y flâner, ne fut-ce que pour voir l’expo réalisée sur le projet Euroméditerranée qui nous y est présenté (à l’aide de belles maquettes), expliqué et commenté !

Enfin, n’oublions pas qu’une partie des anciens entrepôts portuaires de Marseille avaient été reconvertis en salle de spectacle, bien connue et dénommée « Les Dock des Suds », un haut lieu des nuits marseillaises. Mais ils ont été détruits par un incendie. Et si la fête continue chaque année sous le désormais célèbre nom de la Fiesta des suds, elle recherche désormais un lieu capable d’héberger un événement d’une telle dimension !

Le site officiel pour présenter les bureaux des Docks : www.les-docks.fr

Un site pour mettre en avant les sociétés présentes aux Docks et faciliter leurs accès : www.les-docks-marseille.com

La rue de la République

Dans les années 1850, Marseille est au cœur d’un programme de grands travaux… comme aujourd’hui. Une seule grande percée devait permettre de relier le Vieux Port aux nouveaux ports marchands.

Par l’ampleur des travaux entrepris, Marseille est alors la seule ville de France à pouvoir soutenir la comparaison avec Paris.

Le percement de la rue Impériale (en hommage à Napoléon 3) s’effectue en un temps record de 2 ans, entre 1862 et 1864. Cette rue est le témoin matériel d’une époque où Marseille est à l’avant garde de l’urbanisme et rivalise avec la capitale.

Le développement de l’industrie portuaire contribue à déplacer la zone d’activité, centrée sur les quais du Vieux Port, vers le Nord de la ville et les nouveaux ports. Une réorganisation complète de la ville s’impose. La rue Impériale sera le trait d’union entre ces 2 pôles.

Un arrêté oblige tous les propriétaires d’un terrain ou d’un immeuble à en céder la propriété à l’administration moyennant une indemnisation. Il faut démolir toutes les anciennes rues et immeubles qui se trouvent sur le tracé. 38 rues disparaissent, plus de 930 maisons sont détruites et plus de 16 000 personnes doivent être relogées ! D’une largeur de 60 m, la tranchée atteint 25 m de profondeur par endroits. Près de 1 200 000 m° de déblais sont déversés dans la mer. Pendant 20 mois, 2 500 ouvriers s’affairent au percement de la future artère haussmannienne.

La rue aura beaucoup de mal à attirer les marseillais qui ne se laissent pas séduire par cette nouvelle architecture fortement inspirée des réalisations haussmanniennes de la capitale. Ses immeubles représentent à leurs yeux, une masse impressionnante contrastant fortement avec les constructions et les ruelles étriquées du vieux Marseille. De plus, les loyers sont élevés …

Oubliée, abandonnée progressivement par ses habitants et ses commerçants, il faut attendre 1995 pour que le projet Euroméditerranée prévoit la revalorisation de son architecture exceptionnelle et sa réhabilitation : réfection complète des réseaux d’assainissement ; réalisation de trottoirs de 5m de large revetus de pierre ; plantation de 200 arbres de part et d’autre de la chaussée. De nouvelles enseignes vont contribuer à en faire LA nouvelle rue commerçante de Marseille. Sans oublier le tramway qui passera toutes les 4 minutes aux heures de pointe !

Aide pour « lire » les façades de la rue : Le style haussmannien se reconnait à 2 caractéristiques : une ordonnance urbaine simple avec un alignement rigoureux des façades sur toute la longueur et alignement parfait des hauteurs des immeubles. Les façades sont similaires : rdc et entresol forment un soubassement puis on a 4 étages d’appartements monumentalisés par des colonnes ou des pilastres, et enfin un étage de service. Les élements architecturaux sont d’inspiration classique mais traités avec une certaine frivolité alliée à une volonté d’ostentation, caractéristiques de l’art du Second Empire.

Esplanade J4

Idéalement placée entre le Fort Saint-Jean et la cathédrale de la Major, l’esplanade Saint-Jean longe les quais du port dans un cadre grandiose.

Depuis l’esplanade, vous pourrez admirer une vue sur l’entrée du port et le palais du Pharo qui fait face sur l’autre rive.

Mais déjà, rappelons qu’en 1997, fût détruit derrière le fort Saint-Jean un hangar au doux nom de J4 ce qui n’empêche pas que le lieu continue à être familièrement appelé J4 par les marseillais.

Depuis, la mairie y a aménagé une grande esplanade ou viennent d’installer les cirques et évènements spéciaux.

Esplanade J4
Esplanade J4

Et cette esplanade à ciel ouvert joliment rénovée et aménagée, accueille des spectacles sous chapiteau comme les cirques ou de plein air comme la fête foraine ou encore des expositions comme celle de 2007, où nous avons eu la chance de pouvoir visiter Mari-Mira : l’esprit cabanon, une composition bien menée tant sur le plan artistique qu’humoristique.

Depuis 2013, l’esplanade et tout le quartier se sont transformés. Le Mucem et la Villa Méditerranée occupent désormais une partie de ce grand espace. Les abords du fort Saint-Jean ont été rénovés. Une darse a été creusée entre le fort Saint Jean et le Mucem, faisant revenir la mer sur une partie de l’esplanade.

A l’extrémité du J4, La station sanitaire maritime, autrefois à l’abandon, a été reprise par l’association Regards de Provence qui a ouvert son musée, dédié à l’art classique, moderne et contemporain.

Les arcades de la major sont en cours de rénovation (2014) et devraient bientôt abriter des commerces. Un grand escalier permettra de relier la cathédrale de la Major à l’esplanade J4.

Dans tous les cas, c’est un lieu très agréable, où il fait bon se promener, pour contempler la mer et assister au départ des bateaux et de la sorte, aussi bien rêver à des destinations lointaines que savourer le bonheur de vivre si près du paradis comme Marseille par la beauté de ses décors aime tant nous y faire croire…

La basilique de la Rue Malaval

Les fouilles de sauvetage entreprises en 2004 avant la construction d’un parking, ont mis au jour les vestiges exceptionnels d’une basilique funéraire inattendue datant du 5° siècle. Grande surprise pour les archéologues … aucune trace dans les textes, aucun indice pour identifier les reliques saintes … pourtant, il s’agit visiblement d’un édifice majeur … mystère…

Les archéologues avaient prévu la découverte d’une simple nécropole sur la voie antique menant d’Aix à Marseille à l’extérieur de la ville médiévale qui s’arrêtait au Bd des Dames. Le site découvert est exceptionnel par son ampleur et par la qualité des installations liturgiques qu’il conserve.

La basilique funéraire date des premiers temps chrétiens et a été occupée sur une très courte période : du 5° au 7° siècle. Nous sommes au fond d’un vallon et on peut penser qu’il y ait eu de graves problèmes d’inondations qui ont provoqué l’abandon du site. Elle mesure 18m de large sur 40m de long. Dans la nef se trouvent près de 70 sépultures réparties entre amphores (enfants) et sarcophages (adultes). Dans le choeur, 40 sarcophages ont été découverts près d’une sépulture décorée de plaques de marbre (appelée « memoria » ) comprenant 2 sarcophages jumeaux enfermant les corps de personnages à la vie que l’on suppose exemplaire mais qui ne sont pas identifiés.

Cette mémoria est percée d’un tuyau de bronze : il s’agit d’un conduit où l’on versait de l’huile qui, après avoir traversé la sépulture des 2 corps sanctifiés, devenait « sainte » elle aussi. Ayant acquis la vertu de ces défunts, le précieux liquide participait aux rituels rattachés à son pouvoir, comme les guérisons miraculeuses.

Contemporaine des « cryptes » de St Victor, cette église apporte une contribution capitale à la lecture de la première topographie chrétienne de Marseille. Intégralement fouillés et expertisés (études faites à la Timone sur les restes des Corps saints …), ces vestiges sont l’objet d’un ambitieux projet de reconstitution à l’identique avec les pièces originales dans un espace muséal ouvert au public sous l’esplanade de la Major. A suivre …

ATTENTION : le site ne se visite pas. Le produit des fouilles est entreposé et toujours en cours d’étude. Des moulages des murs que l’on n’a pas pu déplacer ont été réalisés. La totalité des fouilles sera visible lorsque le musée sous la Major sera ouvert.

Ancien Evéché

Même si on sait que cet édifice est aujourd’hui l’Hôtel de police de Marseille, on dit encore aller à l’évêché et les Marseillais continuent à utiliser l’expression mais souvent sans savoir précisément pourquoi.

Ancien Evéché
Ancien Evéché

Pourtant, c’est simple : construit sur les bases d’une ancienne fonderie où on fabriquait notamment des cloches et des canons, situé au nord de la place de Lenche, c’est à l’évêque de Marseille, Artus Despinay de Saint-Luc qu’on doit cet édifice. En effet, c’est en 1620 qu’il demanda au roi de lui concéder l’emplacement pour y bâtir un nouveau palais épiscopal. Or, le projet fut long à mettre en place et ce fut le successeur d’Artus, Etienne de Puget, qui obtint satisfaction et commença à réaliser le palais en 1648 qui ne fut achevé qu’une vingtaine d’années plus tard, sous l’évêque Toussaint de Forbin-Janson.

Aujourd’hui, si ce bâtiment est situé en plein cœur du projet Euroméditerranée, il n’en reste pas moins très ancien car il fut donc commencé dans la 2ème moitié du 17ème siècle, puis transformé au 18ème siècle et complètement remanié au milieu du 19ème siècle par l’architecte Henry Espérandieu au moment de la construction de la cathédrale de la Major.

Composé d’ un bâtiment entre deux cours avec deux ailes en retour et un portail monumental à fronton cintré, il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques, par arrêté du 7 septembre 1978 pour sa partie la plus ancienne ainsi que les façades et les toitures, y compris le portail sur rue.

Devenu exigu pour abriter tous les services de police qu’on peut y trouver, on lui a ajouté un bâtiment moderne en 1950, construit par l’ architecte René Egger et par l’ entreprise Labalette.

Quartier Saint Lazare

Saint Lazare ? Quel nom évocateur pour ce quartier.

Tout d’abord, pour la petite histoire, Saint Lazare était le frère de Marie Madeleine et de Marthe. On dit que Lazare, avec ses sœurs et quelques amis, traversa la Méditerranée sur une barque jusqu’en Camargue. Il échoua à Marseille qu’il évangélisa et qu’il devint le premier évêque de Marseille. Il fut emprisonné Place de Lenche et souffrit le martyre sous Domitien.

Bien curieux héritage pour le lieu !

De Saint Lazare, on peut dire qu’il est coincé entre le centre ville et les quartiers nord. Et que c’est un quartier fort peu prisé et très populaire. Mais il reste à découvrir avec ceux et celles qui s’y sont installés et le font vivre !

Et sur le long terme, ce quartier pourrait sans doute bénéficier des retombées du projet Euroméditerranée. Comme le Saint dont il porte le nom, ce quartier pourrait-il ressusciter ? c’est une rumeur à suivre…

La plage d’Arenc

La plage d’Arenc doit son nom au provençal areno qui signifie le sable.

Mais bon, je dois vous avertir, ne la cherchez pas cette plage, elle a disparu depuis fort longtemps pour faire place au PAM (port autonome de Marseille).

Pourtant, elle mérite sa page d’histoire !!!

Déjà, situons dans le temps, au 18ème siècle, l’échevin Estelle (celui-là même qui s’était distingué lors de la peste de 1720) est seigneur d’Arenc. Il y posséde une belle maison près de la plage, appelée « lou casteu favouio » (soit le château des crabes), et ce, en raison du nombre important de ces bestioles sur les lieux.

Au début du 19ème siècle, la plage est très prisée des marseillais qui viennent s’y détendre et manger des oursinades… Le mercredi des cendres, on y procède même à la cérémonie fort populaire de la noyade du caramentran (le carnaval qu’on ne brulait pas à l’époque, ville maritime oblige). Tout d’abord populaire, elle prend vite de la renommée. Les guides de l’époque la signale comme un des agréments de Marseille. A l’époque de la Restauration, l’usage des bains de mer s’établit dans la haute société et en 1827 parait le « Manuel des bains de mer sur le littoral de Marseille ». C’est à partir de là qu’est lancée la grande renommée de la plage d’Arenc et qu’on voit fleurir en tout point des cabines mais aussi des hôtels et des établissements balnéaires ! D’ailleurs, c’est à cette époque, qu’elle accueille l’établissement fort réputé du Château Vert, un établissement balnéaire ouvert en 1820 par le docteur Giraudy de Bouyons, ce qui ajoute encore à sa réputation. On dit même qu’Alexandre Dumas s’arrête dans l’établissement. Et puis, il ne faut pas oublier qu’en ce temps, la route impériale n° 8, celle qui de Paris et Lyon, permet d’accèder à Marseille, longe le littoral et passe devant Arenc, ce qui ajoute au succès de ce coin du littoral, ainsi aisément accessible. La République ayant pris le dessus, on décide d’enlever toutes les traces de l’Empire et la route impériale n° 8 devient l’avenue d’Arenc puis plus tard encore elle devient l’avenue Roger Salengro.

Mais le « Château Vert » est toutefois démoli en 1865 pour laisser place à la gare d’Arenc. Puis, à la fin du 19ème siècle, la baie d’Arenc est convertie en un grand port ! Une forte activité économique se développe et une multitude de fabriques, ateliers et divers entrêpôts s’établissent dans le quartier.

Mais, une fois encore, revers de l’histoire : le déplacement de l’activité industrielle du port à Fos provoque l’arrêt de ces activités et pendant longtemps, de l’ancienne plage d’Arenc, il ne reste que les bassins du port, les entrepôts et divers ateliers abandonés n’étant plus que des friches.

Enfin, aujourd’hui, avec le vaste projet Euroméditerranée, ces vieux bâtiments, pour la plupart mal entretenus et donc en ruine, vont disparaître au profit d’immeubles neufs.

Voilà, toute l’histoire de la plage d’Arenc, qu’aujourd’hui on ne peut que tenter d’imaginer, aucune trace ne subsiste.

Et au sujet de cette plage disparue, pour conclure, il ne me reste plus qu’à vous raconter ce qu’aujourd’hui, nous appelerions une anecdote, mais qui pour l’époque, fut un scandale retentissant !!! Voyons, nous sommes donc le 30 juin 1846. il est six heures du soir. Il fait chaud et la plage est pleine de familles marseillaises, femmes et enfants en tête. Voilà qu’arrivent deux bataillons du 9ème d’Infanterie de ligne, officiers en tête, qui viennent de la caserne des Présentines. On raconte alors que ceux-ci se baignent dans le plus simple appareil (tout nu, quoi). Le journal du jour (le Sémaphore) rapporte même que les dames n’osaient plus quitter leurs cabines devant ce spectacle « affligeant ». Et il a fallu non seulement l’intervention de la police, mais aussi du curé, tous deux associés dans la même cause : rétablir l’ordre public et les bonnes moeurs.

Mucem

Le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) est un musée dédié à la conservation, l’étude, la présentation et la médiation d’un patrimoine anthropologique relatif à l’aire européenne et méditerranéenne, à partir de collections d’origine internationale et de recherches tournées vers une approche transdisciplinaire, concernant les sociétés dans leur totalité et dans l’épaisseur du temps.

Au delà des collections, le MuCEM a pour vocation de fonctionner comme un forum, un lieu de débats, où les présentations de référence et les expositions temporaires s’articulent autour de grandes questions de société.

Mucem
Mucem

Musée Regards de Provence

La fondation Regards de Provence agrandit son patrimoine d’années en années. D’abord installé au Palais des Arts, place Carli, le musée s’est installé en 2013 en face du tout nouveau Mucem dans l’ancienne station sanitaire du port.

On peut dire que ce bâtiment revient de très loin.

On peut en savoir plus sur l’histoire de la station sanitaire sur le site de la fondation et sur cet article du wiki.

Abandonnée, squattée, murée pendant plus de 45 ans, la station sanitaire a échappé à la destruction et on doit sa magnifique rénovation à un collectionneur d’art marseillais, Pierre Dumon, qui en 2010 la rachète à la ville. Après 18 mois de travaux, le musée ouvre au public.

Sur 1 100 m2, la fondation présente ses collections sous forme d’expositions temporaires. Toujours avec une thématique ou des oeuvres liées au sud, le musée parcourt toutes les époques, du 18ème à aujourd’hui.

La Vieille Major

Il s’agit d’un édifice majeur de l’art roman provençal… Ecrasée par la masse de la Nouvelle Major, elle fut amputée de plusieurs travées pour pouvoir assoir le nouveau bâtiment. Elle conserve cependant la partie la plus originale de son architecture.

Cette cathédrale était la seule utilisée du 12° au 19° siècle jusqu’à la construction de la Nouvelle Major ! Elle était étroite et vétuste au 19°. Elle souffrait de la proximité des usines à savon et de l’érosion… sa modestie architecturale semblait indigne de la foi des marseillais…

Cette masse de bâtiments chaotique cache en fait un trésor : la coupole centrale est un chef d’oeuvre de stéréotomie (art d’assembler les pierres) et si on retrouve à la Cathédrale d’Avignon et à St Honnorat des Alyscamps à Arles, le même système, nulle part la coupole n’a reçu un développement aussi grandiose et aussi harmonieux qu’ici.

La chapelle St Lazare conserve une des premières oeuvres de la Renaissance française que l’on place après les guerres d’Italie sous François 1°, soit après 1521 environ …. Or, nous sommes ici en 1481 ! C’est donc sous le Roi René que Marseille peut se vanter d’avoir introduit l’art Italien en France ! Tout ceci est actuellement sous un cocon car la chapelle souffre de la proximité de la mer et de l’air marin chargé de sel. Des opérations de désalage sont menées mais ce sera très long ….

D’autre part, le bâtiment est très fragilisé par les travaux alentours, notamment le percement du tunnel et par conséquent, il est sous surveillance constante. Des cintres ont été placés sous chaque arc et chaque voute à l’intérieur et des étais soutiennent les murs extérieurs. Dans ce contexte, les visites publiques sont impossibles …

Prenez le temps de vous balader et prenez de la hauteur pour pouvoir comparer les formes des deux cathédrales. La Vieille Major semble si fragile à coté de la nouvelle … C’est peut-être ce qui explique que les marseillais l’aiment autant et regrettent sa trop longue fermeture.

Silo d’Arenc / Le Silo

Situé sur le Port Autonome de Marseille, il a été primé par le ministère de la Culture qui vient d’inclure le silo à céréales d’Arenc dans le patrimoine industriel du XXème siècle.

Ce curieux bâtiment rectangulaire de 16 000 mètres carrés a été construit sur pilotis en 1926 par la société anonyme d’entreprises Froment-Clavier de Paris pour faire face à la vétusté des méthodes de manutention sur le port où le trafic des céréales était considérable à l’époque.

Il fut un temps menacé de démolition mais a fait l’objet d’un programme ambitieux de reconversion pour être transformé en une salle de spectacles en 2011.

Il peut accueillir 2050 spectateurs et son acoustique est particulièrement réussie.

Une autre partie du batiment a été affectée à un programme immobilier de bureaux.

Un restaurant panoramique fut un temps envisagé mais le projet n’a finalement pas vu le jour.

Inclus dans le projet Euroméditerranée, la réhabilitation a été confiée à Eric Castaldi, déjà architecte des Docks pour la coque extérieure, et la partie bureaux à Roland Carta.

Les entrepôts de tissus Noailles

Construits dans la première moitié du 20ème siècle, ces entrepôts témoignent de la richesse commerçante de la ville et du choix de l’installation des manufactures près du port d’où arrivent par bateau les plus belles étoffes.

Car, Marseille et son port à l’époque, offre une image opulente et triomphante, et il faut se rappeler qu’au début du XXème siècle, le travail des étoffes et du vêtement emploie environ 18 000 personnes. Ces entrepôts en sont les témoins !

Ils comprennent deux bâtiments :

  • celui sur la rue Melchior-Guinot qui abrite les bureaux, avec une belle façade dont on peut admirer l’entrée monumentale soulignée par un fronton courbe, avec un cartouche en table (portant la raison sociale de l’ entreprise).
  • puis un autre bâtiment avec toit à longs pans qui porte le même cartouche en table que sur la façade principale.

Tour CMA-CGM (French line)

Avec ses 147 mètres, la Tour CMA CGM (aussi appelée French Line) est la plus haute tour de Marseille à ce jour. Ce gratte-ciel de bureaux est situé au coeur d’Euroméditerranée.

Imaginé par l’architecte Zaha Hadid, cette tour est le siège social de la compagnie de transport maritime CMA CGM.

À la tour s’ajoute un bâtiment annexe qui contient des locaux techniques, plusieurs niveaux de parking souterrain, un restaurant d’entreprise et une salle de fitness. Une station de tramway (Euroméditerranée Arenc) a été ouverte en 2010 pour faciliter l’accès à ce quartier d’Arenc en plein chantier.

Quelques caractéristiques de cette tour :

  • 147m de haut.
  • 75m dans la plus grande dimension du plateau.
  • 33 niveaux de grande hauteur (2,80 m sous le plafond).
  • Capacité d’accueil de 2 700 personnes.
  • 15 ascenseurs dont 10 à grande vitesse (7 m/s soit 25,2 km/h) et 2 panoramiques.
  • 5 niveaux de parking (770 automobiles & 200 deux-roues).
  • 53 000 m² de surface vitrée totale.
  • 65 000 m3 de béton soit 168 000 tonnes.
  • 6 000 tonnes d’acier.
  • 100 000 m3 de terrassement.
  • 64 000 m² de surface hors œuvre nette
  • Coût : proche de 300 millions d’euros

L’église Saint-Martin d’Arenc

C’est un bien curieux périple que l’histoire de cette église pourtant guère ancienne puisqu’elle date du début du 20ème siècle !

Pour la situer au moins sur le plan architectural, c’est une église néo-romane de plan basilical, comportant une nef et deux bas-côtés et un chœur en abside, les deux collatéraux constitués de chapelles communicantes et se terminant par une absidiole et elle ne comporte pas de transept. Elle a été édifiée sur des pieux en bois plantés dans le sol en 1913, par Théodore Dupoux, architecte du Sacré Cœur sur le Prado.

Mais ceci dit, aujourd’hui, l’église est délabrée et fissurée du sol au plafond, et elle menace même de s’écrouler.

Alors, peut-on espérer que, située en plein cœur du périmètre d’Euroméditerranée, Saint-Martin d’Arenc aura autant de chance que son voisin, le silo à grains ?

En effet, voilà plus de dix ans que la massive silhouette de cette église en péril émeut les habitants du quartier et les associations du secteur, mais aussi le Comité du Vieux Marseille, et encore l’Académie de Marseille qui estiment tous que cette église pourrait non seulement conserver l’âme du quartier et maintenir le lien social de ce territoire mais aussi devenir un haut lieu touristique au même titre qu’un musée par exemple.

Aux dernières nouvelles, un accord de principe a été obtenu pour que les collectivités locales telle que la Ville de Marseille mais aussi le Département et la Région puissent racheter cette église qui appartient encore au diocèse, même si elle n’est plus consacrée au culte.

L’idée c’est d’en faire un lieu d’échange et de dialogue multiculturel sur le modèle du couvent des Bernardins à Paris.

Restera ensuite à trouver les fonds pour la restaurer !

Le baptistère paleochrétien

Lors de la construction de la « Nouvelle Major », les vestiges du baptistère du 5° siècle furent découverts. Les fouilles avaient eu peu d’échos auprès de la presse et les architectes avaient jugé que les decouvertes étaient d’une « valeur artistique fort médiocre » ! C’est ainsi que l’on enterra sous la nouvelle Cathédrale les vestiges d’une construction remarquable …

Le baptistère de Marseille avait des dimensions nettement supérieures (25 m de coté) à celles des autres baptistères provençaux (Frejus, Aix, Riez ). On pouvait le comparer au baptistère de Milan alors capitale imperiale ! Il faisait partie d’un groupe cathédral dont on a retrouvé des vestiges dernièrement. Les fouilles sont en cours et devraient être terminées en 2008…

Le raffinement de son décor est bien connu : les fouilles du 19° ont révélé des pans entiers de mosaiques de sol polychromes et des pavements de marbre. La piscine baptismale avait 4,40 m de diametre et 0,70 m de profondeur. On dit qu’une colombe en or aux ailes déployées, tête en bas, était suspendue au dessus de la piscine pour signifier la descente du St Esprit sur le catéchumène (personne pas encore baptisée).

Aujourd’hui, les vestiges se trouvent enterrés sous le collatéral Est de la Cathédrale … Ils sont en place mais invisibles !

Le siège de la SNCM

La SNCM fait partie intégrante de l’histoire de Marseille, et se conjugue à tous les temps, aussi bien au passé qu’au présent et beaucoup espèrent au futur. Mais souvent les feux de l’actualité économique ou les conflits salariaux nous font oublier qu’elle est l’héritière d’une longue histoire maritime dont témoigne l’architecture typique et particulière de son siège, beau bâtiment des années 30 qui nous fait remonter dans le temps… En effet, avez-vous remarqué l’inscription sur le fronton ? Compagnie Générale Transatlantique ! Pourquoi ?

Bon, pour le côté architecture, l’édifice a été construit par l’ architecte Gaston Castel en 1928 pour la Compagnie Générale Transatlantique et son extension a été réalisée en 1945 par le même architecte. Il est en fait composé de deux bâtiments avec une façade monumentale sur le boulevard des Dames et un immeuble de bureaux sur l’ arrière. La façade se compose de deux parties :

  • le rez-de-chaussée ouvert de larges baies séparées par des cannelures que l’ on retrouve également sur les façades latérales ;
  • puis un large auvent en béton et au-dessus, deux niveaux de fenêtres et décor de croisillons sur tout ce niveau.

Les façades latérales reprennent le décor de cannelures. Il est important de noter la tour-horloge à droite de la façade qui symbolise ici la modernité et la ponctualité de la Compagnie.

Et pour le côté histoire, c’est en 1855 que la Compagnie Générale Maritime est créée et qu’elle se spécialise dans la desserte de la Corse et les voyages vers les Amériques.

Dès 1861, elle sera rebaptisée Compagnie Générale Transatlantique. Au cours des années, de nouveaux moyens de transport tel que l’avion bousculent un peu la puissance et la richesse du trafic maritime d’antan. Mais les noms restent dans les mémoires, et c’est autour de ces deux compagnies que se construit l’histoire de la SNCM et c’est en héritage de cette glorieuse époque que vient l’habitude, encore largement utilisée aujourd’hui, de parler de la « Compagnie » pour désigner la SNCM.

Enfin, pour le terminer par le côté économique, la SNCM est née en 1976. Et une convention est alors signée entre la SNCM et l’Etat pour assurer la continuité territoriale entre la Corse et le continent pour une durée de 25 ans.

Et pour finir l’histoire, le 30 mai 2006, le capital de la SNCM est ouvert aux investisseurs. Aujourd’hui, si l’Etat reste à hauteur de 25% dans son capital, le fond d’investissement Butler Capital Partners et Véolia Transport entrent au capital à hauteur respective de 38% et 28%.

La statue de Monseigneur Belsunce

Monseigneur Henri François-Xavier de Belsunce-Castelmoron, est d’origine basque, son nom se prononce Belzunce.

Il est né au Chateau de la Force dans le Périgord le 3 décembre 1671. Il est élevé dans la religion réformée, mais opte à l’âge de 16 ans pour le catholicisme. Il fait ses études au collège Louis le Grand et entre chez les jésuites qu’il quitte en 1701. Il est ordonné prêtre en 1703.

Après avoir été vicaire général du diocèse d’Agen, le roi le nomme à l’évêché de Marseille le 5 avril 1709. Il est l’évêque de la ville durant la peste de 1720 et il reste évêque de Marseille pendant 45 ans jusqu’à sa mort le 4 juin 1755. Une statue à son effigie, sculptée par Ramus en 1853, et placée initialement sur le cours qui porte son nom, a été déplacée sur le parvis de la Cathédrale de la Major en 1892.

Et d’ailleurs, on peut finir sur une anecdote amusante au sujet de cette statue ?

Monseigneur Belsunce avec ses bras ballants semble dire : « désolé, je n’ai plus d’argent » ! Et c’est pour cela que les Marseillais utilisent l’expression : « Se faire payer chez Belsunce » ! Ce qui se traduit par : Ne jamais toucher l’argent dû !

Digue du Large

Etroite mais longue séparation entre la ville et la mer, cette bande de béton et de pierres de 7 km de long, qui protège de la houle et des tempêtes, les bassins de la Joliette et les bateaux qui y stationnent, s’étend de la passe du Vieux Port jusqu’à l’Estaque : c’est la jetée du large.

Digue du Large
Digue du Large

C’est un très bel ouvrage construit en eau profonde à partir de 1845 et achevé en 1925. Elle forme un angle qui épouse la forme des ports de la Joliette et d’ Arenc. Elle a été construite sur les modèles des digues de Cherbourg et d’ Alger, avec l’ emploi systématique de gros blocs artificiels pour le talus et a été conçue à la fois comme une jetée pour abriter les ports mais également comme une promenade.

Elle comporte un phare à son extrémité et deux batteries de neuf bouches à feu construites au droit des traverses d’ accès et un escalier central monumental à volées doubles qui est prolongé plus tard lors de la construction du bassin Napoléon, sur le même modèle. Le mur est en poudingue sombre et son couronnement, ou se trouve la promenade, forme une corniche en pierre de Cassis taillée en bossages rustiques.

La construction est continue, au fur et à mesure de l’ agrandissement du port et du creusement de nouveaux bassins tels que Joliette, Napoléon, Impérial, Madrague, Mirabeau, bassins sud, Pharo et dans la partie faite postérieurement se trouve des bâtiments de quatre étages, en face de la traverse d’ Arenc.

Cette digue fait partie de la ville et elle est chère au cœur des marseillais, comme un emblème de la ville, un peu comme le Ferry Boat par exemple.

Mais depuis quelques années, elle est interdite au public.

Toutefois, dans le cadre du projet Euroméditerranée, il est prévu un aménagement de la jetée du large en plage urbaine et elle deviendra, j’ose le croire, un espace public de détente et d’agrément pour tous, marseillais et visiteurs, car le lieu est splendide et mérite attention, il serait doux de pouvoir s’y promener, juste entre ville et mer…

Musée de la Réparation navale

Ville portuaire par excellence, Marseille a longtemps vécu par et pour son port !

C’est à ce titre que la réparation navale y fut très importante : elle a été l’un des plus importants bassins d’emploi et a fait longtemps vivre les familles marseillaises.

Elle a atteint son apogée dans les années 1960 mais le choc pétrolier de 1974 a poussé de nombreux établissements à fermer et le paysage du port a changé…

C’était la fin d’une grande histoire !

Afin qu’on n’oublie pas une grande partie de cette histoire, quelques anciens employés de ces sociétés ont fondé une association dans le but de perpétuer la mémoire et à ce titre, ont créé une exposition qui présente au visiteur l’histoire de la construction navale…

Des photographies, des outils, des machines et des moteurs, mais aussi des maquettes mécanisées expliquent et illustrent ce qu’a été la construction navale, en partant de la barquette marseillaise jusqu’aux grands navires soudés…

Ce sont en général les anciens travailleurs des chantiers navals qui font les visites du musée.

Ce dernier est situé au coeur du port autonome, dans l’ancien réfectoire des dockers, dans le dernier des bâtiments de gauche en allant vers la forme 7.

Voilà, si vous vous intéressez à l’histoire navale, ou même qu’à la population marseillaise, n’hésitez pas à vous y rendre, on y voit de beaux portraits de la vie du port à un moment donné…

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